
Le bilan des remises en cause des aides covid par les URSSAF est sans appel : la procédure suivie par l’URSSAF n’a pas respecté le principe du contradictoire
Pour rappel, pendant la crise sanitaire liée à la Covid-19 (2020-2021), l’État a mis en place des mesures de soutien exceptionnelles pour aider les entreprises à traverser cette période difficile. Parmi ces aides, des exonérations ou reports de cotisations sociales ont été proposés par l’URSSAF pour alléger la charge financière des employeurs et des travailleurs indépendants.
Cependant, courant 2023 à l’arrivée de la prescription triennale des cotisations 2020, l’URSSAF, via la procédure de vérification opérée sur les DSN, a remis en cause ces aides, de manière massive et sans respect du principe du contradictoire visé à l’ancien article R 243-43-4 du code de la sécurité sociale en vigueur jusqu’au 31 décembre 2023, au motif principalement, sans analyser l’activité réelle du cotisant, que son code NAF/APE n’appartenait pas à un secteur d’activité éligible aux aides.
Le process du contrôle massif paraissait pourtant bien ficelé :
En effet, cette procédure de vérification des DNS introduite en 2019 est plus rapide que la procédure du contrôle URSSAF, puisqu’elle consiste uniquement à vérifier l’exhaustivité, la conformité et la cohérence des données déclarées.
A l’issue de cette vérification, en cas d’anomalies constatées, l’URSSAF adressait au déclarant :
Sans opposition du cotisant dans les 15 jours suivants la notification, le commissaire de justice exécutait la contrainte.
Pourtant, à vouloir frapper de manière forte et rapide, les URSSAF en ont oublié le respect du droit des cotisants.
Ainsi :
Les conséquences ne se sont pas fait attendre :
Un seul maître-mot en conclusion : ne pas hésiter à contester la remise en cause des aides covid si les délais de procédure n’ontpas expiré.
L’URSSAF espère surement que le montant des aides à rembourser étant parfois faible, les entreprises ne feront pas de contestation et se soumettront à un remboursement manifestement intempestif.
Ce serait objectivement dommage tant il est désagréable d’avoir à restituer des aides qui étaient pourtant justifiées.
De temps en temps, il est bon d’en faire une question de principe …
Céline PAGNY-CLAIRACQ, Avocate
Spécialiste de droit du travail et de la protection sociale
Cabinet In Extenso Avocats Paris/Ile de France 14 octobre 2024